30 avril 2008

D'une gare : Fils-ing I

9h, un train… deux trains… froid… gare… sourire….cœur en bataille…encore six cinq quatre pas… peur… joie… peur….encore sourire…..mais peur…

A cet instant précis, les paroles de mon père résonnent en moi :
"Vaut il mieux avoir des remords ou des regrets ! Et si tu y réfléchissais…"

Je n’ai pas oublié Papa, si tel était le cas, serais je sur ce quai de gare aujourd’hui ?

Posté par Leilyne à 23:06 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires sur D'une gare : Fils-ing I

    "Ho pour moi tu peux tout garder, le train du matin, le froid de la gare, le creux au ventre, la peur de l'inconnu, de ne pas être à la hauteur, de s'être trompé et les paroles de ton père: regrets ou remords...tout çà, se sont les premières heures de ma vie de soldat. Un choix, courir le monde et comme dit B.Lavilliers, nous étions jeunes et larges d'épaule, nous attendions que la mort nous frôle… Mais ils réveillent de doux et de douloureux souvenirs à la fois, souvenirs d'amours fugaces, ou magnifiques mais stoppés par la vie, par la mort plutôt.
    La mort, celle des autres, celle des miens ,de mes semblables, la mort qui n'a pas voulue de moi me laissant pantelant mais vivant, la peur, de ne pas savoir la recevoir quand ce serait l'heure. Les regrets, les remords : ni les uns ni les autres j'ai fait correctement mon boulot et j'assume mon choix. Non rien de rien, je ne regrette rien, ni le bien ni le mal....Je sais tout ça n'est pas très poétique...peut être une autre fois"

    Posté par legio, 30 avril 2008 à 23:13 | | Répondre
  • « Je n'arrive pas à voir une gare en négatif !

    Un lieu où chaque seconde survient un insolite.
    Il peut faire peur, surprendre, ... être attendu et craint tout à la fois !

    Mais, il y a dans cette incertitude, cette peur de découvrir ... ou de découvrir trop tard, un instant magique tel qu'on ne le vit qu'une fois de façon identique.
    Attendre, partagé entre la lenteur de l'attente et à la fois le temps qui passe trop vite, si vite qu'il ne laisse pas l'espace de la réflexion !

    Je fais quoi ?
    Lui faire face ?
    S'enfuir ?
    Ne pas le laisser partir ?
    Voire le retenir ?

    Car d'une gare, d'un train, il y a toujours un visage, une pensée qui s'en va ou qui arrive !
    Avec ... ou sans moi ?

    Trop tard, ... il est parti !
    Ce soir, il était 23h59 de ce 31 décembre.

    Il me faudra donc au moins l'an prochain pour comprendre !
    Pourtant, si ... »

    Posté par laurent, 30 avril 2008 à 23:16 | | Répondre
  • «Une fois encore, laisser cette rengaine résonner dans ce demain matin qui sera le mien ?

    Pourtant si, pourtant si, pourtant si….

    Non....
    Trop souvent je me suis tue, trop souvent je n’ai posé de mots sur mes silences, trop souvent je n’ai osé, laissant sans réponses ce qui aurait pu être… attendant trop souvent l’année prochaine…"

    Posté par Leilyne, 30 avril 2008 à 23:18 | | Répondre
  • Flou ou réel : 2 propositions pour une suite possible....

    Quelques mots, quelques pensées, tentant de poursuivre ce cheminement !

    Proposition I :
    Le temps passe sans s'arrêter.
    De ce train qui arrive, il me faudra prendre une décision :
    je l'attends, … ou bien ne sera-il pas là, pas encore là ?

    A quai, il s'arrête, les premières portes s'ouvrent et les voyageurs descendent.
    Mon Dieu !
    Vont-ils donc se dépêcher un peu, plutôt que de descendre un à un ?
    Voiture 13, c'est la 3ème vers la queue du train.
    Je reste, j'attends, je pars en m'enfuyant … ou je l'attends ?

    Et sera-t-il là ?
    Il a promis, bien sûr, mais moi, y tiens-je réellement ?

    La foule a envahi l'ensemble du quai et face à cette vague qui arrive vers moi, je ne sais où, qui regarder.
    Etouffée, ou peur encore de cette décision qui ne semble pas encore m'appartenir ?

    Peu à peu, cette masse se réduit, et toujours pas de visage connu … pour moi.

    …...........................

    Proposition 2 :
    Dans le train, il est resté le front appuyé contre la vitre, les yeux regardant dans le vague.
    Où est-il, il ne sait plus ?
    Devant ce quai qui peu à peu se vide, il reste songeur, envahi par les images d'un passé pas si vieux que ça !

    Tendresse ou révolte ?
    Il ne sait pas, et l'image de son père se superpose à celle du visage de la femme qui l'attend … l'attendrait.
    Une inconnue, sous certaines formes, oui, un peu.

    Pourquoi donc ce rapprochement entre 2 personnages qui ont tant compté pour lui, sans jamais se connaître ?
    Le visage si dur de son père lui revient; jamais il n'a pu lui pardonner son enfance.
    Celle qu'il aurait voulu vivre, celle dont tout enfant rêve, celle de cet enfant se baladant en forêt à vélo, … mais hélas seul !
    Son père ne l'acceptait pas, non, pas lui, … il était au-dessus de tout cela. Un fils, oui, mais qui devrait faire ce qu'il n'avait jamais réussi, Lui, et non pas penser à sa passion et à ses rêves !

    Quel lien soudain avec cette femme qui pourrait être là, sur le quai ?
    Si peut-être, … sa volonté de n'accepter que ses souhaits, ses sentiments et émotions, vivre la vie qu'il envisage et non pas celle que d'autres avaient décidé, construit pour lui.

    Ce père détesté est mort, maintenant, sa vie ne tient qu'à lui. Hier encore, son père avait refusé de l'écouter une dernière fois, bien que sachant que sa vie était au bout de ce fil.
    Malgré tout, il n'avait pas lâché; oui, la mort de ce père ne lui ferait rien changer de ses projets, de son envie de vivre.
    Enfin, pourquoi se père lui aurait-il interdit de vivre ses passions et ses rêves ?
    De quel droit ?
    Alors, jusqu'au bout, il a lutté pour convaincre.
    En vain !Maintenant, il est seul !
    Oui, seul, et il avait compris dans la mort de son père, que ce choix lui appartenait enfin !
    Libre de décider sans frein.
    Libre de redécouvrir.
    Craintif de ce qui se passerait sur le quai …
    Le choix de sa vie lui semblait maintenant ouvert, à portée de sa main.
    Et dans ce train maintenant à quai depuis de longues minutes, les images de ce passé achevé hier, semblaient se diluer dans cet univers de gare.
    Il revoyait alors le visage de la femme qui devait être au bout du quai, qui l'attendait, lui, encore assis sur son fauteuil.

    Lentement, il se leva, ramassa ses quelques bagages et s'approcha, comme un peu à regret, des quelques marches qui le feraient descendre vers son avenir.
    Quelqu'un l'attendait-il réellement, ou bien avait-il rêvé durant son voyage à cet horizon dégagé qui se présentait à lui.

    Hésitant, il descendit et fila vers ce bout de quai...

    Posté par laurent, 30 avril 2008 à 23:30 | | Répondre
  • suite à la proposition I de Laurent

    "Mais sa silhouette se détache déjà au loin, je la devine. Je remballe ma peur, mes doutes, mes craintes, il est temps maintenant. J'avance doucement à sa rencontre, prête à affronter mes démons enfouis.
    Qu'importe où nous serons demain matin, c'est aujourd'hui que ma vie va basculer, ici, dans cette gare, sur ce quai."

    Posté par Bridget, 30 avril 2008 à 23:34 | | Répondre
  • Suite pour la proposition II de Laurent

    Et c'était justement la crainte de ces premiers pas vers l'inconnu, cette inconnue sur ce quai de gare, qui le clouait au fond du siège.
    Faire demi-tour maintenant, ne pas y aller, fuir au plus vite. Fermer la porte, d'un grand coup sec, sur la nausée de ses souvenirs.
    Cette gare l'angoissé. Il restait figé comme dans un mauvais rêve, impossible d'avancer plus loin.

    Posté par Valérie, 30 avril 2008 à 23:36 | | Répondre
  • Participations en suite : 2 propositions

    Au pluriel, je vous prie !
    Fait suite au choix, au propos de Bridget et bizarrement aux derniers de Leyline :
    (il s'agit donc des pensées d'une femme que je poursuis - pas la femme, les pensées !
    Et précision importante : je suis un homme, donc ... soit un narrateur qui est aussi impliqué !

    1 -
    Partir !

    Toujours ce mot m'obsède à ce moment même où, sur le quai, billet en poche, le train est déjà à quai. J'ai longtemps rêvé de ce moment, et pourtant, au dernier instant, le doute m'assaille de nouveau.
    Mon père et ses propos qui me rongent sans fin, … lui et ses promesses de vie nouvelle de partir loin de là, de refaire, de recommencer une vie longtemps hésitante
    Il est certainement là, comme prévu, à la place que nous avions réservée dans ce train.
    Je ne sais même pas s'il est sûr de lui et de moi, ou bien si, comme moi, un doute l'envahit. Est-elle donc contagieuse, cette crainte que je sens en moi, au point de douter de lui-même ?

    Deux vies fort différentes qui peuvent faire un même chemin.
    Aujourd'hui, c'est le grand jour, celui du choix, de mon choix. Croire enfin que je peux faire ce pas qui va m'emmener loin, très loin de mon chez moi.

    Le train, l'aéroport, l'envol vers une aventure qui saura effacer toutes ces dernières années de trouble et de combat contre moi-même. De résistance aussi !
    Et pourtant !
    Si ce départ était si simple et résolvait tout, serais-je encore à hésiter depuis si longtemps. Non, un rêve différent reste encore possible, réalisable, là, sur cette terre où je suis née.
    Je le sais; je le sens.

    ..................................................

    2 - Bêtement, je pousuis le cheminement de l'autre jour, que va-t-elle faire ? !

    Hier, il est arrivé par le train du soir et j'étais là pour l'attendre, du moins je le pensais.
    Alors que la gare se vidait, il était enfin apparu sur le bout du quai, face à moi, regardant autour de lui celle qu'il cherchait.
    Je n'ai pas bougé. Je l'ai vu hésitant, s'arrêtant perplexe de ne pas trouver celle qui devait l'attendre, du moins le pensait-il !
    Non, je n'ai pas bougé ni fait le moindre signe. Alors, comme à regret, il a continué son chemin vers la sortie, se retournant de temps à autre, un sourire devenant un peu plus triste au fil de ses pas.
    Une occasion insensée, folle, de pouvoir lui dire : "C'est moi !". Je suis sure qu'il m'aurait alors reconnue, moi, la petite fille comme il disait avant, cette petite fille qui ne l'avait pas oublié et qui, bêtement, par cette angoisse qui la serrait, l'avait laissé partir sans un mot.
    Je ne sais ce qui m'a prise, … le temps, … le doute, … les paroles incessantes de mon père ?

    Qu'importe en fait, puisque je sais où il est descendu ce soir là. Qu'importe, il est là, et moi, je m'apprête à partir.
    Déchirement en moi entre cet avenir au bout du train, et lui, à portée de ma main, de mes pensées, n'attendant qu'un signe de ma part pour se revoir.
    Sait-il ? Se doute-t-il que j'étais là et que je n'ai pas osé ?
    Et maintenant, me voilà dans cette situation qui devait s'éclaircir et est devenue maintenant insoluble : tout est prêt pour partir et couper, et en même temps, il est là pour me retenir.
    J'ai voulu faire un choix; une nouvelle fois, je n'ai pas su !

    ___________

    Tiens, ça me fait penser à cette maxime :
    "Les indécis perdent la moitié de leur temps" !
    )

    Posté par laurent, 30 avril 2008 à 23:42 | | Répondre
  • Quelques lignes de plus

    Eh bien, voilà une belle rencontre, un soir de pluie sur ce quai de gare ! Nous n'étions que deux, nous en avons souri, un chaud sourire donné dans cette sombre nuit, chacun traînant son lourd fardeau de vie, les bras ouverts sur la rencontre.

    Posté par balaline, 30 avril 2008 à 23:45 | | Répondre
  • Propositions.......

    Je m'apprêtais à monter dans le train, mon gros sac sur l'épaule.Devant moi une jeune fille épprouvait des difficultés à monter les deux marches du wagon, tant sa valise était lourde.Sans réfléchir je me saisissais de la valise .La demoiselle sans avoir l'air surprise me précéda jusqu'à un compartiment où se trouvait deux jeunes hommes. Une fois installée, et après qu'elle m'ait remercié, elle ferma les yeux comme pour somnoler.Je la regardais alors vraiment, ce que je n'avais pas osé faire auparavant.Elle n'était pas très jolie,avec son visage poupin et ses grosses lunettes aux verres correcteurs puissants, mais elle paraissait douce comme une grand mère dans mes livres d'enfant.Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est ce que je pensais.Elle ouvrit les yeux et me sourit, je me sentis fondre. Au bout d'un moment elle sortit dans le couloir non sans m'avoir fait encore un petit sourire que j'interprêtais comme une invitation à la rejoindre.Ce que je fis bien sur. J'étais aux anges, mes angoisses du départ et la peur de l'inconnu commençaient à disparaitre. Nous avons parlé des heures dans ce couloir.Son monde n'était pas le mien, je jurais de l'adopter, ses gouts artistiques n'étaient pas les miens, je jurais de les découvrir, je jurais de la revoir, elle jura de m'écrire et de m'attendre. Après 8 heures de voyage, j'osais lui prendre la main, elle serra la mienne très fort et la porta à ses lèvres.Je sais c'est peu mais l'époque n'était pas aux embrassades torrides d'aujourd'hui. Nous nous quittâmes émus.D'autres trains nous attendaient. Nous avons tenu nos promesses l'un et l'autre....pour notre plus grand bonheur et ma plus grande tristesse.Je vous raconterais tout ça un autre jour si vous le souhaitez...C'était un jour de mai 1967...

    Posté par legio, 30 avril 2008 à 23:52 | | Répondre
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